En rachetant Sun pour 7,1 Milliards de $, Oracle confirme sa volonté de régner en maître non plus sur l’industrie du Logiciel mais sur le marché informatique dans sa globalité.
On pourrait même saluer le côté chevaleresque de l’opération car après avoir soufflé le deal à IBM, c’est la première fois que nous voyons un Editeur de Logiciels acquérir un constructeur informatique si ce n’est que je ne suis pas convaincu de l’intérêt d’un tel projet pour le marché et me pose quelques questions :
1-Les challenges pour Oracle ?
Affirmer sa domination sur un marché où les gros affichent déjà leurs muscles de façon ostentatoire : se débarrasser définitivement de quelques petits concurrents « poil à gratter » (et ils sont de plus en plus nombreux) afin de se préparer à un combat des chefs sans merci avec Microsoft.
Maîtriser la chaîne industrielle complète d’une solution informatique : dans quel but ?...On peut le deviner… Je pense que son principal intérêt se porte sur Solaris et Java.
Se lancer dans une nouvelle aventure en tant que constructeur : avec quels facteurs de différenciation ?
2- L’Open Source en danger ?
Dans cette affaire, il y aura sans doute des laissés pour compte à commencer par les salariés de Sun et on se pose évidemment la question de la pérennité des communautés Open Source de MySQL et GlassFish. Mais ça peut être un accélérateur pour l’Open Source et ses valeurs dans un marché actuel qui demande davantage de flexibilité, transparence et d’innovation rapide. Oracle, le prédateur, mettra sans doute beaucoup de temps à digérer cette nième absorption qui ouvrira certainement de nouvelles opportunités pour de nouveaux projets et sociétés comme Ingres, Alfresco, Talend Jaspersoft…C’est une chance inouïe pour Red Hat, légitime dans l’open source, de coordonner un certain nombre d’initiatives en compagnie d’autres éditeurs et Intégrateurs afin de proposer une véritable alternative aux utilisateurs.
3- L’acceptation du marché ?
C’est la première question que l’on doit se poser : quel est le bénéfice pour le client ?
Il est évident que c’est aux donneurs d’ordres de valider une telle opération en confirmant leur confiance ou pas à un fournisseur qui leur met une pression de plus en plus accentuée. Compte tenu du faible retour d’expériences positives sur la concentration du marché des éditeurs, je suis persuadé que l’opinion générale ne sera pas favorable à une telle initiative. A eux de prendre leurs responsabilités et de sanctionner s’ils ne sont pas d’accords avec la vie de château … fort.
