
La réduction de la fracture numérique passe par un ambitieux plan qui permettrait à la France de devenir un acteur majeur et dynamiser son économie.
Vingt cinq pour cent (25%) c’est ce que pèsent actuellement les nouvelles technologies dans la croissance mondiale. Ce chiffre devrait passer à 30% d’ici 5 ans, et la France avec deux fois moins d’investissement que les US ou 3 fois moins par rapport aux pays d’Europe du nord, ne semble pas bien placée pour tirer profit de l’essor de l’économie numérique mondiale.
Maintenant que le plan Besson vient d’être élaboré, à la demande du président de la république, a-t-on des espoirs de combler notre retard ?
Connaissant, désormais, l’impact de l’usage des technologies numériques (NTIC) sur les autres secteurs d’activités en termes de productivité, croissance et compétitivité, l’ambition impulsée par le chef de l’état semble claire:
- Tout Numérique, c'est-à-dire 100% de couverture en haut débit, aussi bien pour ce qui concerne l’accès à Internet que pour l’audio visuel, la fameuse TNT, et avant 2011.
- Donner à chaque français les moyens de réduire sa propre fracture numérique.
Cette ambition se décline en 4 priorités :
- Construire une infrastructure ou bien encore ce que l’on appelait autrefois les autoroutes de l’information, capable d’héberger les nombreux services qui s’appuieront sur ces nouvelles technologies.
- Développer des offres de contenu : il s’agit de remplir ces gros tuyaux ou plutôt entrepôts d’informations de type multimédia, vidéo, image, voix, musique….
- Proposer des usages : fournir de nombreux services aux utilisateurs exploitant ces fameux contenus et en bénéficiant de la vitesse de transmission des tuyaux afin de faciliter l’échange, la communication, l’accès à l’information…
Le commerce électronique, les jeux en ligne, l’accès à la culture, le téléchargement de musiques ou de films sont des exemples de types de services qui existent aujourd’hui mais qui vont être largement améliorés. On peut imaginer alors que tout reste à inventer dans ce domaine car on sait que la créativité infinie des hommes couplée à la capacité des jeunes générations à appréhender ces nouvelles techniques sera une source immense de nouveaux usages et de nouveaux métiers.
- Moderniser les services de l’état grâce à l’économie numérique.
La transformation de l’état sera sans doute plus efficace à travers ces nouveaux services. L’état sera d’autant plus en phase avec l’économie mondiale qu’il pourra agir et aider nos PME innovantes.
Les grands axes étant définis, c’est en examinant la feuille de route c'est-à-dire le plan d’actions numérique que l’on peut se poser un certain nombre de questions sur les chances d’arriver à bon port.
Après une première lecture attentive de l’ensemble du document, je me suis particulièrement intéressé aux mesures énoncées concernant l’industrie du logiciel. Ce secteur qui est un des poumons de l’économie numérique mondiale et sur lequel l’Europe et la France en particulier sont en retard par rapport aux américains, israéliens ou encore asiatiques.
Sur le plan général, on retrouve assez bien l’ambition et les priorités à travers une analyse concise et pertinente de l’état actuel de la situation. En revanche, lorsque l’on rentre un peu plus dans le détail, dans le contenu des actions, on est très souvent déçu car, soit le point n’est pas traité ou bien encore il demeure trop superficiel pour être concret.
Par exemple, parmi les problématiques exposées au niveau du développement des PME, aucune mesure n’est annoncée concernant la réduction les délais de paiement actuels insupportables. Le plan prévoit des aides, mais l’état ne prend pas ses responsabilités en tant que donneur d’ordre. Je m’explique : je préfèrerais voir l’état faire confiance à des PME en tant que client, plutôt que donner des aides dont les conditions d’obtention sont soit floues soit très complexes. Résultat des courses, ce sont toujours les mêmes grandes sociétés (Thales, Bull, Sagem…) et non pas les PME qui en profitent. En Angleterre une loi devrait sortir qui obligerait l’état à payer ses fournisseurs de type PME sous un délai de quinze jours maximum.
Comment éviter la fuite de nos cerveaux à l’étranger ou encore attirer des talents en France afin d’améliorer la compétitivité de nos entreprises ?
Quant au chapitre sur le logiciel libre, une très belle entrée en matière concédant de nombreuses louanges dont je cite « un avenir pour l’industrie du logiciel en France ».
Mais concrètement, 3 actions (63, 64, 65) exposées, sans contenu et consistance dans lesquelles la formation est peu évoquée.
Je connais beaucoup d’entrepreneurs français dans ce domaine et aucun d’entre eux n’a été consulté sur ce sujet. Je me pose la question, légitimement, si Eric Besson et ses conseillers ont pris le temps d’écouter ceux qui savent.
Lorsque l’on parle de « Fracture » on évoque un déficit qui risque de pénaliser la France et les français dans les années qui viennent, il est donc primordial de combler notre retard en la matière le plus rapidement possible car sinon c’est la « Facture » du numérique que nous allons tous payer très cher.
Bref, le bébé semble conçu mais il reste encore à l’état embryonnaire et n’est pas prêt de devenir un homme.
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