vendredi 29 août 2008

Pour quand la médaille d'or ?


Bilan des médailles aux JO :

1er La Chine, 2ème les USA, 3ème la Russie…/… France dixième

Au-delà du Sport et de la bravoure des athlètes, peut-on extrapoler ce classement dans d’autres domaines tels que la croissance économique, l’innovation,…, les inégalités sociales, l’espérance de vie…ou bien encore les nouvelles technologies.

La France qui récolte 40 médailles dont 7 en or n’occupe que la dixième place et pourtant elle se retrouve souvent placée. Si on compte uniquement le nombre total de récompenses, elle se retrouverait en 5ème position.

Les plus fatalistes diront que la France est tout simplement victime du syndrome Poulidor (ce grand champion cycliste qui terminait toujours deuxième de ses courses) ou encore un manque de réussite. La réussite, qui nous fait tant défaut, ne se décrète pas mais elle se construit. Cette construction qui peut-être plus ou moins complexe en fonction des domaines est un processus qui doit prendre en compte trois facteurs principaux.

Le premier, le plus évident, est la ressource ou les moyens. Si nous n’avons pas, dans des talents ou des compétences cela va être difficile. Le deuxième c’est l’environnement qui permet de développer ces fameuses compétences. Il est rare de trouver, par exemple, des champions de ski dans l’hémisphère sud ou bien encore c’est qu’il n’y a pas de marché captif comme vendre des glaces en laponie.

Le troisième et pour le coup le moins évident, c’est la capacité à adapter ses talents, compétences ou moyens à l’environnement. C’est là où les Chinois sont très forts.

Et c’est souvent dans ce domaine que nous, français, nous pêchons.

Dans le domaine du logiciel, la France rencontre jusqu’à présent le même problème qu’aux JO, souvent placée rarement gagnante. En termes d’innovation, les sociétés françaises sont plutôt bien fournies et quelques éditeurs français ont même eu une renommée internationale. Citons le plus connu Business Objects, mas également Ilog ou encore GL-Trade, mais tous les trois viennent d’être rachetés par SAP, IBM ou Sungard.

SAP est le bon exemple d’une société allemande qui a su s’adapter à l’environnent en s’attaquant au marché US.

Certes de nombreux spécialistes trouveront des justifications pour expliquer pourquoi ça ne marche pas mais un bon analyste ne fait pas forcément un bon entrepreneur. Pour entreprendre il faut oser mais il fait surtout y croire et c’est sans doute ce 4ème facteur, plus subjectif celui là, qui nous fait défaut, nous français.

Dans le domaine du logiciel libre, la France est aujourd’hui incontestablement en avance sur le plan de l’innovation et des initiatives en matière de projets communautaires. Cet avantage compétitif, nous permet d’acquérir de l’expérience et une maturité certaine dans la mise en œuvre de ce nouveau modèle économique. Les deux premiers facteurs clés sont atteints, le troisième dépend de la capacité à remporter des succès retentissants et de la confiance que voudront bien nous accorder certaines grandes sociétés françaises. Quand au quatrième, la Croyance, je n’ai aucun doute au regard de certains entrepreneurs français mais elle doit venir également de son proche entourage, à savoir les pouvoirs publics, les financiers et les premiers clients. Le moment est venu de démarrer un « small business act » à la française, autour du Logiciel libre.

3 commentaires:

Stephane Couleaud a dit…

Et encore l'environnement du créateur a t il largement évolué. Je me rappel de mes deux première société en 1991 et 1993 où le seul lien avec les entrepreneur était les CCI tenues par les barons locaux. Les Business Angels et les fonds de développement pour les jeunes pousses ne sont arrivées que vers le milieu/fin des années 90, sur le modèle US. Aujourd'hui le financement du Friends & Fools en passant par les Business Angels, puis les fonds FCPI des grands réseaux bancaires existent et avec des moyens considérables.

En revanche la faible adoption par les grandes entreprises de solutions nouvelles reste effectivement un obstacle. Mais il est aussi trés inhérent au modèle de construction des carrières des élites qui ne pardonne pas les erreurs lorsque l'on sort des sentiers battus. Mieux vaut se tromper collectivement que seul.

Mais est ce que le financement comme le montage des entreprises et le cadre législatif ne doit il pas se penser au niveau Européen maintenant ? Le combat économique face à la Chine ne pourra se gagner que si nous savons réfléchir à cette nouvelle échelle.

S./

Anonyme a dit…

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