dimanche 28 décembre 2008

Les artisans du numérique


Les informaticiens, souvent considérés comme des enfants gâtés, ont de quoi nourrir une certaine inquiétude au regard de la crise financière actuelle qui risque de compromettre, pour 2009, l’optimisme quasi systématique de l’industrie du numérique.

On évalue à plus de 500 000 professionnels, ingénieurs et techniciens (Source Dares) dont 370 000 sont employés par des Editeurs de Logiciel ou SSII (Source Syntec Informatique). Quelles menaces risquent de peser sur ces hommes et femmes en termes d’emploi ?

Le premier effet collatéral de la crise financière est la réduction des budgets informatiques au sein des entreprises qui à déjà entraîné l’arrêt de certains projets et par voie de conséquence l’annulation de nombreux contrats de services.

Quel est l’impact sur l’emploi ? Aujourd’hui difficile de tirer des conclusions mais il y aura sans doute quelques dégâts. Mais d’autres menaces pourraient également peser telles que l’augmentation de l’Offshore qui devrait encore s’accentuer. Et beaucoup plus pernicieux, la banalisation des compétences qui a démarré il y a quelques années déjà avec tous ces programmes de certification chez les différents fournisseurs. En effet, toutes ces cursus diplômant, estampillé par marque, n’ont fait que segmenter de façon peu objective un niveau de connaissance. La conséquence immédiate est que l’ingénieur Cisco ou Microsoft possède son prix de marché aussi bien à l’achat (salaire d’embauche) qu’à la revente (prix par jour HT). Paroxysme, certains grands donneurs d’ordre ont même mis en place des systèmes d’enchères inversées afin de faire jouer, en leur faveur, une concurrence parfois impitoyable.

Je vois une autre menace se manifester autour de la crédibilité. Les grands projets ERP mal conseillés et ou mal gérés, dont le gigantisme occulte les individus qui contribuent peuvent dans certains cas faire passer les informaticiens pour des gens pas très professionnels. Ce qui est grave dans cette situation c’est que les responsables ne sont pas les payeurs.

Quelles stratégies afin d’éviter cette spirale ?

Messieurs (ou Mesdames), réagissez et sachez mettre en valeur votre savoir faire !

Tout d’abord, soyez fiers de ce que vous avez déjà accompli :

- La nouvelle économie des années 2000 est devenue une véritable industrie du numérique qui pèse à ce jour, en France, près de 42 Milliard d’euros (Source Syntec Informatique).

- L’informatique est au cœur des processus métiers de bon nombre d’entreprises, de la vie privée des gens grâce à Internet et devient de plus en plus un outil de transformation industriel (exemples : easyjet, ebay, Free…)

Vous êtes les soldats de la révolution numérique du 21 siècle

Votre créativité, vos compétences mais aussi vos qualités humaines telles que votre générosité, écoute, abnégation, capacité de remise en cause vous permettront de mener à bien vos missions. On vous crédite parfois d’un certain entêtement ou encore d’un manque d’ouverture mais ces petits défauts illustrent bien votre croyance à une forme d’idéal qui vous habite et qui fait de vous, les véritables artisans du numérique.

Valorisez vos compétences :

-Challengez vos DSI, qui peuvent souffrir en ce moment d’immobilisme.

Ils ont plus que jamais besoin de vous.

-Faites connaître votre personnalité, soyez entreprenants et innovez.

-Continuez à éveiller votre curiosité et être à l’écoute de vos collègues et amis afin de les aidez davantage à transformer leur travail ou leur vie.

dimanche 30 novembre 2008

Le Yin et le Yang :


Deux pôles qui s’opposent et qui se complètent parfaitement pour former un Tout cohérent et harmonieux.

Et pourtant il existe bien des exceptions qui confirment cette règle. Le spectacle affligeant que nous a concocté le parti socialiste français la semaine dernière est un exemple révélateur d’une opposition stérile et destructrice. Le secret de la réussite c’est de trouver l’équilibre.

Lorsque que l’on oppose le logiciel propriétaire à l’open source, est-on en recherche d’équilibre ?

Plusieurs schémas se révèlent, le premier est la concentration des éditeurs qui conduit à proposer au client une relation monopolistique non souhaitée. C’est un véritable tour de force, qui va à l’encontre de l’intérêt de la majorité des acteurs. Environnement peu flexible où un manque de transparence met le client dans une situation qui ne lui permet pas de doser son investissement au regard de ses besoins (valeur d’usage). A titre d’exemple, choix d’un traitement de texte, devenu un produit de commodité, pèse énormément sur le budget logiciel total.

Le bon modèle serait de s’appuyer sur un schéma qui consisterait à définir un coût en fonction de la valeur d’usage et qui varierait dans le temps. C'est-à-dire, pour traitement de texte acheté 100€ il y a 5 ans, il ne couterait plus que 10€ aujourd’hui, voir gratuit, si mon type d’usage n’a pas augmenté. Si l’on fait une analyse des coûts de licence par rapport à leur usage au fil du temps, on serait surpris du résultat. En effet, non seulement on découvrirait que certains produits ne sont plus utilisés et qu’on en paye toujours la maintenance. De plus, dans beaucoup de cas de figures certaines fonctions sont utilisées dans d’autres applications pour lesquelles on paye à nouveau une nouvelle licence.

D’où l’intérêt de retrouver l’association du Yin, représentant l’infrastructure et l’utilisation standard et le Yang caractérisant la valeur augmentée recherchée. Dans ce schéma, on pourrait également tirer une richesse supplémentaire en associant deux autres forces que sont les logiciels propriétaires et logiciels Open Source. Et le garant de cet équilibre doit être le Client.

dimanche 16 novembre 2008

Si vous êtes pour Obama, alors choisissez l’Open Source :


Barack, ce 44ème Président des états Unis, symbole du rêve américain, incarne l’espoir pour toute une frange de la population qui pouvait se sentir délaissée.

A delà du charisme de l’homme, il nourrit son projet d’un changement nécessaire qui ne peut être bénéfique après les 8 années d’un conservatisme républicain qui a engendré de nombreuses tensions et crises dont récemment la déroute du secteur de la finance.

Homme résolument moderne, son approche des technologies de l’information semble également très prometteuse, et il incarnait déjà le Candidat Web 2.0 durant sa campagne présidentielle. Dans son programme, il a présenté Internet comme un véritable outil politique capable d’améliorer le processus démocratique, d’instaurer des cyberdémocraties, de développer d’avantage d’activités sociales et de faire émerger des lobbies Citoyens. D’ailleurs, le candidat Obama a fait preuve de modernité, par rapport à son adversaire McCain, en utilisant un site Internet très orienté Web 2.0, Standards Ouverts et Open Source.

A l’image d’un grand pays comme les états unis, l’industrie du Logiciel doit également entamer sa mutation vers un monde ouvert et moderne et prôner davantage l’utilisation des technologies open source afin de contrer le conservatisme réducteur des grands éditeurs. Compte tenu des différentes offres qui existent aujourd’hui sur le marché, le pouvoir de décider de faire autrement appartient désormais aux électeurs que sont les clients et les grands donneurs d’ordres. Mais encore faut-il aller voter…

dimanche 2 novembre 2008

Plan Numérique 2012


La réduction de la fracture numérique passe par un ambitieux plan qui permettrait à la France de devenir un acteur majeur et dynamiser son économie.
Vingt cinq pour cent (25%) c’est ce que pèsent actuellement les nouvelles technologies dans la croissance mondiale. Ce chiffre devrait passer à 30% d’ici 5 ans, et la France avec deux fois moins d’investissement que les US ou 3 fois moins par rapport aux pays d’Europe du nord, ne semble pas bien placée pour tirer profit de l’essor de l’économie numérique mondiale.
Maintenant que le plan Besson vient d’être élaboré, à la demande du président de la république, a-t-on des espoirs de combler notre retard ?
Connaissant, désormais, l’impact de l’usage des technologies numériques (NTIC) sur les autres secteurs d’activités en termes de productivité, croissance et compétitivité, l’ambition impulsée par le chef de l’état semble claire:
- Tout Numérique, c'est-à-dire 100% de couverture en haut débit, aussi bien pour ce qui concerne l’accès à Internet que pour l’audio visuel, la fameuse TNT, et avant 2011.
- Donner à chaque français les moyens de réduire sa propre fracture numérique.

Cette ambition se décline en 4 priorités :
- Construire une infrastructure ou bien encore ce que l’on appelait autrefois les autoroutes de l’information, capable d’héberger les nombreux services qui s’appuieront sur ces nouvelles technologies.
- Développer des offres de contenu : il s’agit de remplir ces gros tuyaux ou plutôt entrepôts d’informations de type multimédia, vidéo, image, voix, musique….
- Proposer des usages : fournir de nombreux services aux utilisateurs exploitant ces fameux contenus et en bénéficiant de la vitesse de transmission des tuyaux afin de faciliter l’échange, la communication, l’accès à l’information…
Le commerce électronique, les jeux en ligne, l’accès à la culture, le téléchargement de musiques ou de films sont des exemples de types de services qui existent aujourd’hui mais qui vont être largement améliorés. On peut imaginer alors que tout reste à inventer dans ce domaine car on sait que la créativité infinie des hommes couplée à la capacité des jeunes générations à appréhender ces nouvelles techniques sera une source immense de nouveaux usages et de nouveaux métiers.
- Moderniser les services de l’état grâce à l’économie numérique.
La transformation de l’état sera sans doute plus efficace à travers ces nouveaux services. L’état sera d’autant plus en phase avec l’économie mondiale qu’il pourra agir et aider nos PME innovantes.

Les grands axes étant définis, c’est en examinant la feuille de route c'est-à-dire le plan d’actions numérique que l’on peut se poser un certain nombre de questions sur les chances d’arriver à bon port.
Après une première lecture attentive de l’ensemble du document, je me suis particulièrement intéressé aux mesures énoncées concernant l’industrie du logiciel. Ce secteur qui est un des poumons de l’économie numérique mondiale et sur lequel l’Europe et la France en particulier sont en retard par rapport aux américains, israéliens ou encore asiatiques.
Sur le plan général, on retrouve assez bien l’ambition et les priorités à travers une analyse concise et pertinente de l’état actuel de la situation. En revanche, lorsque l’on rentre un peu plus dans le détail, dans le contenu des actions, on est très souvent déçu car, soit le point n’est pas traité ou bien encore il demeure trop superficiel pour être concret.
Par exemple, parmi les problématiques exposées au niveau du développement des PME, aucune mesure n’est annoncée concernant la réduction les délais de paiement actuels insupportables. Le plan prévoit des aides, mais l’état ne prend pas ses responsabilités en tant que donneur d’ordre. Je m’explique : je préfèrerais voir l’état faire confiance à des PME en tant que client, plutôt que donner des aides dont les conditions d’obtention sont soit floues soit très complexes. Résultat des courses, ce sont toujours les mêmes grandes sociétés (Thales, Bull, Sagem…) et non pas les PME qui en profitent. En Angleterre une loi devrait sortir qui obligerait l’état à payer ses fournisseurs de type PME sous un délai de quinze jours maximum.
Comment éviter la fuite de nos cerveaux à l’étranger ou encore attirer des talents en France afin d’améliorer la compétitivité de nos entreprises ?
Quant au chapitre sur le logiciel libre, une très belle entrée en matière concédant de nombreuses louanges dont je cite « un avenir pour l’industrie du logiciel en France ».
Mais concrètement, 3 actions (63, 64, 65) exposées, sans contenu et consistance dans lesquelles la formation est peu évoquée.
Je connais beaucoup d’entrepreneurs français dans ce domaine et aucun d’entre eux n’a été consulté sur ce sujet. Je me pose la question, légitimement, si Eric Besson et ses conseillers ont pris le temps d’écouter ceux qui savent.
Lorsque l’on parle de « Fracture » on évoque un déficit qui risque de pénaliser la France et les français dans les années qui viennent, il est donc primordial de combler notre retard en la matière le plus rapidement possible car sinon c’est la « Facture » du numérique que nous allons tous payer très cher.
Bref, le bébé semble conçu mais il reste encore à l’état embryonnaire et n’est pas prêt de devenir un homme.

dimanche 19 octobre 2008

La Virtualisation : est-ce bien réel ?


VMware repris par EMC, Citrix, Microsoft, Red hat sans oublier Sun, il semblerait que tous ces poids lourds soient à la recherche d’un nouvel Eldorado.
Mais peut-on parler de marché de la Virtualisation ou bien encore d’innovation technologique ?
Il faut remonter à quelques décennies en arrière pour se rendre compte que ce concept existe déjà depuis fort longtemps. En effet, IBM avait mis au point dans les années 70 un système appelé VM qui permettait de partitionner un gros ordinateur en plusieurs machines virtuelles. Utilisé à l’époque pour un usage strictement interne, et on peut imaginer la raison, IBM a fini par commercialiser cette solution sous la pression de nombreux clients. Par la suite, « Cocorico », en 1980 une société française Chorus Systems, émanation de l’INRIA, a mis au point un système de partitionnement d’OS basé sur une technologie « Micro-Noyau » et a connu un certain succès dans des domaines d’application très spécialisés tels que les programmes temps réel ou programmes embarqués. Racheté par Sun en 1997, Chorus OS est désormais distribué en Open Source et se décline en une solution de virtualisation pour systèmes embarqués sous le nom de Virtual Logix depuis 2006.
Alors, pourquoi un tel engouement pour une si ancienne technologie ?
Tout d’abord, les architectures des microprocesseurs, les mémoires et les différents composants des nouvelles générations de machines ont énormément évolués. Les systèmes de virtualisation permettent de mieux tirer parti des ressources disponibles sur ces ordinateurs. Un autre intérêt se situe sur le plan de la sécurité. En effet, le partitionnement permet de mieux isoler les applicatifs entre eux et donc protéger certains processus. Et sans oublier le niveau de souplesse qui apporte une meilleure répartition des ressources en fonction du type d’usages et banalise les couches basses comme le système d’exploitation dont certains annoncent déjà la disparition. Pour ma part je n’y crois pas, mais je ne suis pas devin…

dimanche 12 octobre 2008

Entrepreneurs du changement, il est temps de changer


Valeur d’usage, réduction des coûts et innovation ont été les termes les plus cités lors de l’assemblée générale du Cigref qui s’est déroulée le 9 octobre au Pavillon Gabriel.

On retrouvait les mêmes sujets l’an dernier et certainement encore l’année précédente, au fond comme si rien ne s’était passé, comme si le monde évoluait tel qu’on l’avait prévu.

On se rassure entre nous, en exacerbant une autosatisfaction qui frise parfois l’arrogance. Par exemple le bilan qui est fait concernant les démarches entreprises dans le cadre de la relation avec les fournisseurs était affligeant et pathétique : « l’élève MS est en plein progrès mais peu mieux faire… », « Oracle est un élève extrêmement difficile, mais on sent un potentiel d’amélioration », « quand à SAP c’est bien l’enfant terrible de la bande ». Ah oui j’en oubliais un « IBM », sage comme une image…

Comme si les relations avec les fournisseurs ne se résumaient qu’à ses quatre mastodontes. Nouveauté cette année, le cercle des fournisseurs, pas encore disparus, s’élargit. Google aura en effet l’an prochain le privilège d’être également examiné par le maître Cigref. « No comment » sur le choix. Messieurs du Cigref, faut-il être une étoile (brillante ou filante) pour être considéré ?

Une analyse très sommaire des tendances qu’entrevoie le Cigref a été présentée : consolidation autour de la BI, SaaS, le Green IT, le Cloud Computing et bien sûr l’open Source. Je regrette qu’aucun avis tranché ou position affirmée n’ait été abordé. Par exemple sur l’open source le propos était le suivant « L’Open Source semble être un alternative à la domination des grands éditeurs, il serait intéressant de regarder de plus près… ». Mais l’Open Source existe depuis plus de dix ans !

Je crains que le DSI de province qui se déplace en espérant trouver des recommandations fortes ne soit déçu du voyage.

Le Cigref a rappelé les trois piliers fondamentaux de sa vision que sont :

- DSI, garant de l’usine à informations

- DSI, entrepreneur du changement

- DSI, stratège pour son entreprise

Je n’ai hélas pas retrouvé l’ensemble de ces valeurs dans les présentations auxquelles j’ai assisté.

La passation de pouvoir entre le Président sortant Didier Lambert, DSI d’Essilor et le sobre et sérieux Alain Ménard de Sanofi inaugurera-t-elle une ère de changement tant revendiqué par le Cigref ?

dimanche 21 septembre 2008

La Valse des Arrogants


La « Crise Systémique » a été sans doute l’expression la plus employée la semaine dernière suite à la faillite de Lehman Brothers. C’est l’explication la plus rationnelle qu’ont trouvé ces Messieurs de la finance pour expliquer les perturbations de toutes les places financières de la planète. Ce déni de responsabilité démontre bien le manque de remise en cause de ces princes de la bourse qui se croyaient puissants et intouchables.

Il y aura –t-il des effets de bord ? Certainement.

Qui va payer ? Au-delà de ceux qui ont misé gros, l’économie mondiale en général.

Quelles leçons en tirer ?

On peut tout d’abord se poser la question s’il y a de véritables patrons à la tête des entreprises financières ? Un problème de gouvernance, certainement. Confier les clés à de jeunes traders, parfois peu expérimentés dans la connaissance des marchés sur lesquels ils intervenaient, s’est avéré être une grave erreur. Connaître le système (d’où la crise systémique) ne suffit pas. Imaginons le résultat que pourrait obtenir, un champion de jeux vidéo de course automobile, sur un circuit de formule 1 et pilotant un véritable bolide.

Je suis sur qu’aucun patron d’écurie n’y a pensé. Malgré les pannes mécaniques, les pilotes ne connaissent pas encore de « Crise Mécanique »…

samedi 13 septembre 2008

La Guerre des Toiles


Google se lance, avec beaucoup de bruit, sur le marché du Navigateur web.

On n’a aucun doute sur les bienfaits techniques ce dette nouvelle solution en termes d’ergonomie, de performances….mais on peut se poser la question ce qui pousse ces deux géants Microsoft et Google à s’affronter et quels seront les bénéfices ou risques pour les utilisateurs d’Internet.

Google, poids lourd de la génération Internet, star du moteur de recherche, a connu une ascension fulgurante et affiche fin 2007 un chiffre d’affaires de 16,6 milliard de $ (1,5Miard $ en 2007).

Microsoft, N°1 mondial du logiciel, issu de la génération PC, brandit un arrogant 60 Milliard de $ de revenus, accompagné de bénéfices devenus indécents.

On assiste à une véritable confrontation bestiale entre ces deux titans :

le premier, leader dans les moteurs de recherche, se lance dans le navigateur alors que le second, qui domine le marché du browser avec Internet Explorer ne cache plus ses velléités à contrecarrer la suprématie de Google dans le domaine du « Search ».

Chacun montre ses muscles mais le véritable enjeu se situe autour de la conquête de l’interface utilisateur et par conséquent, la porte d’entrée au web.

Quel bénéfice pourrait-on en tirer en tant qu’utilisateurs ?

Une émulation autour de la course à la performance et de nouvelles fonctionnalités cacherait-elle un revers, pour nous utilisateurs, bien plus pernicieux ?

On pourrait imaginer les conséquences d’une domination de l’un ou de l’autre en termes de contrôle et de privation des accès. Internet qui est aujourd’hui un espace gratuit d’accès à l’information, à la culture et à bien d’autres choses pourrait devenir, paradoxalement, plus restrictif et accessible uniquement à travers de services payants fournis par celui ou ceux qui détiendraient les clés du « Portail » ou de l’interface utilisateur.

Cette menace parait peu probable aujourd’hui et c’est de notre responsabilité de la maintenir dans cet état en favorisant l’utilisation de Firefox, le Navigator Open source de la fondation Mozilla.

Et, n’oublions pas qu’il nous a sauvé la mise déjà une fois, lorsque Netscape a été annihilé par Microsoft.

vendredi 29 août 2008

Pour quand la médaille d'or ?


Bilan des médailles aux JO :

1er La Chine, 2ème les USA, 3ème la Russie…/… France dixième

Au-delà du Sport et de la bravoure des athlètes, peut-on extrapoler ce classement dans d’autres domaines tels que la croissance économique, l’innovation,…, les inégalités sociales, l’espérance de vie…ou bien encore les nouvelles technologies.

La France qui récolte 40 médailles dont 7 en or n’occupe que la dixième place et pourtant elle se retrouve souvent placée. Si on compte uniquement le nombre total de récompenses, elle se retrouverait en 5ème position.

Les plus fatalistes diront que la France est tout simplement victime du syndrome Poulidor (ce grand champion cycliste qui terminait toujours deuxième de ses courses) ou encore un manque de réussite. La réussite, qui nous fait tant défaut, ne se décrète pas mais elle se construit. Cette construction qui peut-être plus ou moins complexe en fonction des domaines est un processus qui doit prendre en compte trois facteurs principaux.

Le premier, le plus évident, est la ressource ou les moyens. Si nous n’avons pas, dans des talents ou des compétences cela va être difficile. Le deuxième c’est l’environnement qui permet de développer ces fameuses compétences. Il est rare de trouver, par exemple, des champions de ski dans l’hémisphère sud ou bien encore c’est qu’il n’y a pas de marché captif comme vendre des glaces en laponie.

Le troisième et pour le coup le moins évident, c’est la capacité à adapter ses talents, compétences ou moyens à l’environnement. C’est là où les Chinois sont très forts.

Et c’est souvent dans ce domaine que nous, français, nous pêchons.

Dans le domaine du logiciel, la France rencontre jusqu’à présent le même problème qu’aux JO, souvent placée rarement gagnante. En termes d’innovation, les sociétés françaises sont plutôt bien fournies et quelques éditeurs français ont même eu une renommée internationale. Citons le plus connu Business Objects, mas également Ilog ou encore GL-Trade, mais tous les trois viennent d’être rachetés par SAP, IBM ou Sungard.

SAP est le bon exemple d’une société allemande qui a su s’adapter à l’environnent en s’attaquant au marché US.

Certes de nombreux spécialistes trouveront des justifications pour expliquer pourquoi ça ne marche pas mais un bon analyste ne fait pas forcément un bon entrepreneur. Pour entreprendre il faut oser mais il fait surtout y croire et c’est sans doute ce 4ème facteur, plus subjectif celui là, qui nous fait défaut, nous français.

Dans le domaine du logiciel libre, la France est aujourd’hui incontestablement en avance sur le plan de l’innovation et des initiatives en matière de projets communautaires. Cet avantage compétitif, nous permet d’acquérir de l’expérience et une maturité certaine dans la mise en œuvre de ce nouveau modèle économique. Les deux premiers facteurs clés sont atteints, le troisième dépend de la capacité à remporter des succès retentissants et de la confiance que voudront bien nous accorder certaines grandes sociétés françaises. Quand au quatrième, la Croyance, je n’ai aucun doute au regard de certains entrepreneurs français mais elle doit venir également de son proche entourage, à savoir les pouvoirs publics, les financiers et les premiers clients. Le moment est venu de démarrer un « small business act » à la française, autour du Logiciel libre.

lundi 24 mars 2008

La BI Effervescence :


Le 18 mars a eu lieu le premier BI Open Source Forum organisé par la société Micropole Univers auquel ont participé un certain nombre de sociétés comme Ingres, Talend, Jasper Soft, Spago BI, MySql…

Cet évènement animé de main de maître par l’incontournable Phillippe Nieuwbourg a été l’occasion de faire un point sur l’état l’art des solutions disponibles actuellement sur le marché et de les comparer avec les produits propriétaires qui ont pignon sur rue.

Un constat flagrant : l’open source progresse rapidement dans le domaine de la BI avec des plateformes d’une qualité fonctionnelle et professionnelle qui se rapprochent des stars du marché. Trois solutions se détachent aujourd’hui : Jaspersoft, Pentaho et Spago BI.

Bien que les spécialistes s’accordent à dire qu’il manque encore quelques solutions verticales ou métiers tels que le Data Mining par exemple, j’ai été frappé par la dynamique autour des acteurs présents qui chacun apporte une fonction pertinente come l’ETL pour Talend ou encore une approche tout à fait novatrice de la part de Ingres avec son « BI appliance Sales force ». Il s’agit d’une solution clé en main qui permet de générer des cubes OLAP ou des rapports à partir d’informations en provenance de Sales Force.

C’est sans aucun doute à travers ce type d’initiative que la BI open source est en train de gagner ses lettres de noblesse et pourra apporter d’avantage de valeur pour l’utilisateur que les, parfois lourdes et très onéreuses, solutions propriétaires.

Pshssitt…Champagne ! La BI open source c’est parti ….

vendredi 29 février 2008

Netscape, le devoir de mémoire

La fin d’un pionnier de l’Internet a été annoncée cette semaine dans une indifférence presque totale. En effet AOL vient de publier la dernière mise à jour Netscape 9.0.0.6

Pour la plupart d’entre nous ce navigateur mythique nous a ouvert les portes de l’Internet et fait découvrir le monde du Web.

« Mosaic » fut développé par Marc Andreessen en 1994 puis rebaptisé Netscape, comme la société crée avec son compère Jim Clarck. Une Star était née, la première de l’Internet qui apporta une lueur à ce nouveau monde, rejeté par bon nombre d’entreprises, dont Microsoft. Netscape Navigator nous fit découvrir un ciel étoilé dans un univers gigantesque encore aujourd’hui partiellement exploré.

Avec plus de 80% de part de marché sur son produit phare, la société Netscape avait lancé d’autres produits destinés aux entreprises notamment, dans le domaine de la messagerie et de la gestion des annuaires.

Comme beaucoup de Stars, son rayonnement fut stoppé net, en pleine ascension.

En 1995, volte face de Micosoft qui révisa sa position vis-à-vis d’Internet et décida de sortir son fameux « Internet explorer » en l’associant à son système d’exploitation Windows. Ce coup fatal permit à MS de ravir la première place à Netscape en un temps record pour atteindre une écrasante part de marché de près de 98%.

A la recherche d’alliés industriels dans le monde de l’internet et du grand public, Netscape (Mosaic) est vendu à AOL pour 4,2 Milliard de dollars, mais ne réussit pour autant pas à redresser une situation quasi désespérée.

Difficile de tirer une leçon de cette aventure qui se termine mal pour ses protagonistes, mais essayons au moins de nous souvenir de ceux, les visionnaires, qui ont réussi à nous faire découvrir cet espace de communication fantastique qu’est Internet :

Merci Marc & Jim !

Pour ceux qui voudraient en tirer une quelconque morale on pourrait évoquer un juste retour des choses avec la résurrection du plus célèbre des navigateurs à travers son fils légitime : Firefox.

Firefox, c’est plus de 125 Million d’utilisateurs et plus de 500 Million de téléchargements, un vrai raz de marée rendu possible grâce à un autre phénomène l’Open Source.

Demain, les nouveaux enjeux de l’internet vont se situer parmi les domaines suivants: moteurs de recherche, accès à l’information non structurée sur le web, les jeux vidéos, les espaces virtuels et la publicité.

Et le principal facteur clé de succès sera : la rapidité à Innover…