
Les derniers déboires de SCO et notamment sa mise en redressement ne sont pas porteurs de beaucoup d’espoir.
Unix, un des plus vieux systèmes d’exploitation serait-il en train d’exprimer son dernier soupir ?
La première version d’Unix (UNICS), élaborée en 1969 par Ken Thompson , mono utilisateur ("New Ken's System") était dérivée du système MULTICS (version multi utilisateurs) crée en 1965 par les Bell Labs et le MIT.
En 1973 AT&T (Bell labs) distribue aux universités, pour une modique somme, un système complet, avec son code source, baptisé Unix. Fort de son succès celui-ci a été ensuite adopté par les grands constructeurs informatiques de l’époque tels que : Univac, Sperry, DEC, Burroughs, Data General, HP, NCR…et encore bien d’autres, tous pratiquement disparus aujourd’hui. IBM et Sun lui avaient donné une seconde jeunesse dans les années 80 avec AIX et Solaris en s’appuyant sur le fameux code source System V de la société USL (Unix System Laroratories, la branche commerciale des Bell Labs). USL, propriétaire également du fameux moniteur transactionnel Tuxedo, qui n’arrivait pas à en tirer profit en tant qu’éditeur de logiciels a été racheté en 1994 par Novell, un autre « Grand » des systèmes d’exploitation avec le célèbre Netware. Le nouveau né s’appela Unixware. Hélas cette opération ne s’avéra pas très fructueuses et SCO a repris, seul, le flambeau de la distribution Unix.
Cette époque fût très meurtrière pour les petits rejetons d’Unix. Microsoft commence à écraser le marché des OS avec son système Windows, la plupart des constructeurs qui avaient adopté Unix passent la main, seuls IBM, Sun et un peu plus tard Apple avec MacOS X, continuent à porter la flamme avec malgré tout un certain succès.
Oui mais voilà, c’est également au même moment qu’apparut l’enfant illégitime : Linux.
Qui de Linux ou de Windows a tué Unix ? Difficile question.
Au fond peu importe, examinons plutôt l’avenir des OS (Operating Systems) à travers quelques évolutions majeures.
- Les OS des Mainframes : Il ne reste plus pratiquement que IBM et son inusable OS MVS. Bien que de moins en moins nombreux, ces dinosaures ont la peau dure et ne sont encore pas prêts de disparaître complètement de notre ère numérique. Certains de ces bestiaux se permettent parfois une cure de jouvence en bénéficiant de nouveautés technologiques en terme de microprocesseur ou de mémoire, alors pourquoi ne pas envisager une évolution vers Linux, tout tranquillement.
- Les OS spécifiques pour téléphones mobiles, PDA, jeux…C’est véritablement l’avenir en terme de développement et d’innovation. Microsoft ayant beaucoup de mal, et ce n’est pas faute d’essayer, à dominer ce marché, il semblerait qu’un Linux « embarqué » puisse convenir à bon nombre d’industriels grâce à ses qualités d’ouverture et d’adaptation en terme de programmation. Dans ce cas, c’est en effet l’application qui va décider de la conception et du niveau de fonctionnalité de la couche OS et pas l’inverse.
- « Virtualisation, la nouvelle égérie » ? Contrairement à ce que l’on pourrait croire ce n’est pas un nouveau phénomène car IBM dans les années 70 avait déjà sorti son système VM qui permettait de partitionner un machine et utiliser plusieurs OS. A l’origine IBM avait conçu cette solution pour ses propres besoins et sous la pression de ses clients avait été conduit à sortir une version commerciale. A noter que VM d’IBM est en plus, un véritable système d’exploitation (OS) à part entière. On peut également évoquer la solution de micro noyau Chorus, très prometteuse à l’époque, sortie dans les années 80 par une société française Chrorus System (essaimage de l’INRIA) rachetée par SUN en 1997.
Aujourd’hui, la société VMware la star de la virtualisation qui a vulgarisé le marché se trouve sous pression avec des acteurs comme Microsoft, IBM, Citrix, Sun…
Ce marché, fortement corrélé à la montée en puissance des machines présente de belles perspectives d’évolution.
L’émergence de Linux, la montée en puissance de la virtualisation, que nous présagent ces tendances ? Va-t-on assister à une fin de règne de Windows ? Il y a- t-il encore de la place pour un nouvel entrant ?