
Je lis ici et là un certain nombre d’avis qui traitent du jugement récent de la cours Européenne de justice dans l’affaire de l’abus de position dominante de Microsoft.
Paradoxalement ce sont les américains qui tirent à boulets rouges sur les européens en les accusant de pénaliser l’innovation. Sans doute ceux là mêmes qui souhaitaient le démantèlement de MS, il y a de cela quelques années. Là pour le coup ça aurait porté préjudice certain à l’ensemble de l’écosystème.
Car au fond, qu’est ce qui favorise l’innovation si ce n’est la coopération et l’échange qui induisent une dynamique en terme de créativité ?
MS ainsi que bien d’autres acteurs du marché a bénéficié de cette aide externe, précieuse, afin de réussir ses projets les plus ambitieux.
Internet, par exemple, lui a ouvert beaucoup d’opportunités.
Seulement voilà, il fait face à la problématique des riches : « Difficile de partager lorsqu’on a le sentiment de posséder déjà beaucoup … ». Alors forcément, on a tendance à se protéger ; de qui ? de ses concurrents, mais aussi de ses partenaires et de ses clients.
Ce que je retiendrais de cette affaire c’est cette sanction exemplaire pour mauvaise pratique et je tiens à souligner le travail remarquable de la cour de justice européenne à cet effet.
Pour le bien de toute l’industrie, je souhaite que ce jugement soit exécuté le plus rapidement possible ce qui rendra d’autant plus crédible la démarche des pouvoirs publics de se porter garant des règles et usages fondamentaux en la matière.
Ceci constituerait alors une véritable jurisprudence à l’encontre de tous ceux qui ont des velléités à faire obstacle à la sacro-sainte « Intéropérabilité ».
Il est inutile d’en profiter pour faire le procès du symbole Microsoft, en remettant notamment en cause son succès, qui est largement mérité et incontestable, car non seulement cette société a énormément contribué à l’essor de l’informatique mondiale mais fût, en son temps, très innovante.
Je suis intimement convaincu de l’intérêt pour Microsoft de tirer profit de cette affaire en s’engageant pleinement dans cette troisième vague, après celles de la micro informatique et de l’Internet : la vague du monde ouvert…
Microsoft serait ainsi sur le chemin d’une rédemption qui lui permettrait de retrouver l’image de ses débuts.