lundi 23 juillet 2007

Le blues de l’informaticien



Je suis consterné de constater que bon nombre de mes amis ou connaissances, informaticiens quadragénaires, désirent changer de métier. Le week-end dernier, encore, au cours d’un dîner chez des amis, deux convives, ingénieurs en informatique, m’ont fait part de leur souhait de changer de carrière. L’un avait déjà entamé des démarches pour passer sons Capes et devenir prof de maths, l’autre rêvait de devenir sage-femme. Alors, crise de la quarantaine ? Naissance de nouvelles vocations ? ou encore mal-être dans une profession en pleine mutation ?

Qu’est-ce qui fait qu’une discipline comme l’informatique, devenue une véritable industrie, qui a pendant longtemps représenté des valeurs de liberté, de créativité, de modernité, de mode de vie,…ne fait non seulement aujourd’hui plus rêver les jeunes mais est délaissée par ceux qui ont participé à son essor ?

L’informaticien rebelle et créatif que nous avons connu ou que nous étions ne se retrouve plus dans une industrie devenue mature, conformiste, dominée par des grands groupes financiers. Ces sociétés, dont certaines sont issues de la révolution numérique des années 80, ont peu à peu abandonné ces fameuses valeurs d’antan au profit de critères économiques et financiers.

Bien que beaucoup d’informaticiens se sont installés dans un système riche et confortable, il ne reste pas moins quelques irréductibles qui ne renonceront jamais à leur liberté numérique, leur état d’esprit rebelle ou encore leur créativité.

Alors assistons-nous à une transhumance de ces pionniers vers d’autres domaines que l’informatique traditionnelle ou simplement un renoncement à une discipline qui les a déçu dans bien des aspects ?

mercredi 18 juillet 2007

L’Informaticien à la tête coupée


J’ai eu l’occasion d’assister, fin juin, à l’occasion des entretiens Informatiques d’Opio, à une conférence de Michel Serres sur le thème de l’Innovation.

Je fus, comme la plupart des invités, conquis par le conférencier, le philosophe et l’homme et parmi l’océan d’idées, de réflexions hyper intéressantes je retiendrai pour ma part 2 choses :

- L’innovation naît d’un processus complexe, propre à l’homme, engendré par différents stades et sentiments : frustration, amour, domination, ambition, imagination…bref tout état qui pourrait paraître instable et faire basculer l’homme dans le chaos le plus total. Et pourtant l’innovation pourrait bien être un des remèdes qui nous éviterait de sombrer dans une schizophrénie totale et irrémédiable et même de nous rapprocher de notre quête du Bonheur.

- Externaliser ce que nous maîtrisons, nous permettra de nous décharger du fardeau de l’immobilisme pour mieux nous conduire au processus de l’Innovation.

On peut trouver plein d’exemples dans la vie des entreprises tels que la filialisation de certaines BU … mais je préfère retenir la métaphore de Michel Serres qui fit référence à une histoire des temps très anciens que sa Grand-mère lui conta.

Cela se passe dans la ville de Lutèce, lors d’une terrible scène où un moine chevalier se fait décapiter par l’un des envahisseurs. Le moine récupère sa tête qui git sur le sol et délivre Lutèce.

« Eh bien, chers informaticiens, imaginez tous les matins, lorsque vous branchez votre ordinateur, qu’il s’agit de votre propre tête… » (Michel Serres).

Dans cette métaphore on retrouve à la fois le thème de l’externalisation mais aussi celui de l’évolution Darwinienne.

Je cite encore Michel Serres, « quand l’homme s’est mis debout il a perdu l’usage de la traction mais il a gagné 2 fabuleux outils que sont les mains et qui ont joué un rôle considérable dans notre évolution ».

Maintenant que je me retrouve tous les matins sans tête, face à mon ordinateur, je ne sais toujours pas ce que j’ai gagné…

lundi 2 juillet 2007

L’ère « MonArchaïque »


La concentration du marché, chez les Editeurs, est-elle une bonne nouvelle pour les clients/utilisateurs ?






  • Alors qu’il est vital et nécessaire pour les entreprises, d’être plus compétitives, d’être plus innovantes,
  • Alors qu’on demande aux administrations petites au grandes de devenir plus agiles, et de développer de nouveaux services,
  • Alors que le SI devient non seulement un outil de transformation mais également un composant fondamental de la chaîne de la valeur…

Il est paradoxal, voir inquiétant de constater que quelques acteurs reconnus et déjà importants se livrent à une course effrénée au gigantisme.

Mais quel est intérêt, à part pour eux même ?,

… satisfaire leur ego de plus en plus grand ou plutôt celui de leur Pdg ou encore tirer d’avantage profit d’une situation déjà bien avantageuse.

Tout ceci ne présage rien de bon pour les clients et ses utilisateurs…

Bienvenue dans l’ère « MonArchaïque ».

C’est en effet un nouveau mot que je viens d’inventer, après tout cela ne pourrait être le privilège de nos chers académiciens, oh combien respectables mais parfois en retard sur pas mal d’évolutions, ou bien de femmes ou d’hommes politique en mal de reconnaissance.

Petite explication étymologique…

Ere Monarchique : La domination du marché par une poignée de sociétés qui fournit des composants applicatifs principaux du SI, appelées « Grands Editeurs », ne s’inscrit pas dans une relation « Gagnant-Gagnant » avec les utilisateurs. On constate, en effet que ces géants qui dégagent pour la plupart des bénéfices outranciers sur le dos de bon nombre de leurs clients, ceux-ci, ayant de moins en moins le choix d’aller voir ailleurs, investissent cette masse d’argent dans l’achat de leurs concurrents ou partenaires appartenant à un domaine connexe afin d’accentuer d’avantage le phénomène de dépendance, ou pire leur domination, à l’égard de leurs clients. On comprend très vite les bénéfices immédiats d’une telle stratégie qui leur apporte un confort certain, voire une substantielle économie d’échelle quant à la gestion de la relation client. Et pourtant, à l’inverse, ils devraient aider leurs utilisateurs à se développer, à innover et à devenir agile.

Ces Editeurs qui n’ont pas la volonté ou n’éprouvent pas le besoin d’être innovants deviennent, de par leur lourdeur, manque de souplesse ou encore arrogance, un véritable fardeau, pour toutes ces sociétés qui utilisent leur produits et services. De partenaires de leurs clients, elles se transforment en percepteurs « Sangsues ».

Ere archaïque : L’industrie informatique et télécoms a connu de nombreuses évolutions ces dernières années, créant de nombreuses richesses (surtout aux US) tant pour les entreprises clientes que pour les fournisseurs. Il est affligeant de constater que ces grands éditeurs veulent nous embarquer, à nouveau, dans l’univers que l’on a connu dans les années 70 c'est-à-dire, celui du « One Stop Shopping ». En effet, à l’époque vous choisissiez votre constructeur puis vous développiez vos programmes au dessus de votre machine en utilisant uniquement les outils fournis par ce même fournisseur : c’était le monde des mainframes et des systèmes fermés. Un seul a survécu, bien qu’il ait été pas mal secoué : IBM.

Et bien aujourd’hui, si nous ne devenons pas suffisamment vigilants il se produira la même chose !,Cela commence à être le cas chez certains grandes entreprises qui deviennent mono éditeur sur l’ensemble des composants applicatifs du SI. La grande différence, c’est qu’ils ne l’avaient pas forcément décidé ainsi. Tout ceci, s’est fait par le biais de rachats d’entreprises par de grands prédateurs, pas toujours très scrupuleux de l’intérêt de leurs propres clients.

Internet nous a apporté ce fabuleux espace de liberté et d’innovation, ne le bridons pas !

Cette révolution Internet a engendré d’autres enfants tels que le Web 2.0 ou encore l’Opensource alors, donnons leur les moyens de grandir et de nous apporter tous les bienfaits attendus.

Rappelons nous une chose fondamentale : Notre pouvoir de décision est entre nos mains et, il est de notre responsabilité de s’en servir car sinon d’autres se chargeront de l’utiliser à notre place…